Depuis plus de 6 000 ans, la demande mondiale d’or ne faiblit pas. Ressource finie, valeur universellement cessible et facilement transmissible sans droits, l’or reste un refuge mondial, protégé des emballements spéculatifs par sa rareté et la stabilité de sa demande.
On parle souvent de “ruée vers l’or”… mais ces derniers temps, on entend parler d’une possible “bulle”. Il ne faut pas se laisser impressionner par ces “oiseaux du mauvaise augure”. Le métal jaune, recherché depuis plus de 6 000 ans, n’a jamais cessé d’être demandé, sur tous les continents. Dans un monde où les ressources sont limitées, chaque gisement découvert rapproche un peu plus de l’épuisement géologique. Néanmoins, l’or demeure l’un des rares actifs dont la valeur est stable, universelle, transmissible. Cette permanence explique sa résistance exceptionnelle aux phénomènes spéculatifs.
Et pour battre en brèche, l’idée d’une “bulle spéculative” sur l’or, quatre raisons s’imposent :
- L’offre ne peut plus croître significativement. Les grandes découvertes appartiennent au passé : Nevada, Australie, Afrique du Sud… Aujourd’hui, la production mondiale plafonne à 3 400 tonnes par an. Les annonces de gisements spectaculaires, comme Wangu en Chine, restent largement non certifiées. La rareté est structurelle, intégrée au marché, et empêche toute euphorie artificielle.
- L’or ne disparaît jamais. Contrairement aux ressources énergétiques ou industrielles, il n’est pas consommé. Tout l’or extrait depuis l’Antiquité circule encore : monnaies, bijoux, lingots. Ce stock mondial joue un rôle de régulateur : quand les prix montent trop vite, une partie de cette réserve réapparaît, cassant net toute bulle naissante.
- Le rôle des pays aux devises non convertibles. De nombreux États producteurs de pétrole, de gaz ou de matières premières accumulent des excédents en dollars. Mais leurs monnaies locales ne peuvent pas absorber ces flux sans provoquer de tensions économiques ou d’inflation. Incapables de convertir librement leurs réserves, ces pays achètent massivement de l’or. Actif apolitique, non sanctionnable, accepté partout, il leur permet de transformer une richesse en une valeur patrimoniale pure.
- L’or possède une valeur cessible universelle, constante, et il se transmet facilement, souvent sans droits, selon les législations ou les usages. Il est divisible, discret, durable : un lingot ou une pièce peuvent changer de mains en quelques secondes, sans banque, sans notaire, sans perte de valeur. Cette fluidité patrimoniale protège l’or des emballements : un actif aussi simple à échanger ne se prête pas à la frénésie irrationnelle.
Enfin, les exigences éthiques — traçabilité, certification responsable — limitent les effets d’annonce et maintiennent le marché dans une forme de maturité.
Résultat : l’or monte, parfois fortement, mais ne « bulle » jamais. Dans un monde fini, instable, fragmenté, l’or n’est pas un pari : c’est une certitude. Une valeur que l’on peut transmettre, céder, protéger, sans frontière et sans époque.
Rédaction : Benjamin Cuq


