Les grandes découvertes se raréfient, les annonces comme Wangu peinent à convaincre, et l’éthique bouleverse le marché. La passion pour l’or n’a jamais été aussi forte depuis cinquante ans, ce qui en fait un investissement plus stratégique que jamais.
Mais, trouve-t-on encore vraiment de l’or ?
Pendant deux siècles, l’industrie aurifère a vécu au rythme de découvertes majeures : Nevada, Australie, Afrique du Sud, Sibérie… Aujourd’hui, cette époque s’efface. Le World Gold Council constate une production mondiale figée autour de 3 400 tonnes, faute de nouveaux gisements solides et facilement exploitables.
On se souvient du fiasco de « La Montagne d’Or » abandonnée en Guyane pour des raison de protection de l’environnement. Récemment, la Chine a annoncé la découverte de Wangu, présenté comme un filon de 1 000 tonnes. Mais l’effet d’annonce masque une réalité plus prudente : aucune certification selon les standards internationaux NI 43-101 (Canada) ou JORC (Australie). Les données indépendantes évoquent plutôt 80 à 90 tonnes réellement prouvées, dix fois moins que la communication officielle. Loin des géants reconnus comme South Deep (Afrique du Sud) ou Muruntau (Ouzbékistan).
Alors, une question se pose : Trouve-t-on encore de l’or ?
La réponse est simple : Oui… mais de moins en moins.
En effet, les nouveaux gisements multiplient les obstacles :
- Ils sont profonds ;
- Ils demandent des technologies coûteuses ;
- Ils se situent dans des zones instables ;
- Ils nécessitent des années d’études pour être validés.
La géologie n’est qu’une partie du problème : la conformité internationale devient un filtre tout aussi sévère.
Le nouvel obstacle : l’éthique
Désormais, pour être accepté sur les marchés, l’or doit répondre à des critères essentiels :
- la traçabilité est obligatoire (LBMA, chaînes responsables),
- les impacts environnementaux doivent être réduits,
- les droits humains doivent être garantis.
De plus en plus de mines sont écartées, non pour leur teneur, mais pour leur non-conformité éthique.
Résultat : l’offre mondiale pourrait se contracter tandis que la demande reste forte — banques centrales, investisseurs, particuliers.
Pourquoi cela change tout pour les acheteurs ?
Parce que l’or disponible et certifié est devenu plus rare, plus encadré, et donc plus précieux.
Chaque gisement réellement exploitable devient stratégique, et chaque once produite selon les règles internationales voit sa valeur potentielle renforcée.
Autrement dit : lorsque de l’or conforme, traçable et reconnu arrive sur le marché, il faut l’acheter.
Non par spéculation, mais parce que l’incertitude sur les futures découvertes augmente mathématiquement sa valeur.
Donc, oui, on trouve encore de l’or. Mais rarement, difficilement, et sous une surveillance mondiale inédite. L’eldorado moderne n’est plus une ruée :
c’est une course à la conformité. Chaque gisement réellement validé devient une opportunité d’achat qu’il serait imprudent d’ignorer.
Une situation qui, à l’avenir, va avoir pour conséquence de toujours maintenir un prix de d’once très haut.
Rédaction : Benjamin Cuq


