Le 24 mars 2026
Acheter un studio ou acheter de l’or : deux stratégies patrimoniales classiques. Mais laquelle a vraiment été la plus rentable sur la dernière décennie ? En comparant l’évolution des prix immobiliers dans cinq grandes villes françaises avec celle du métal jaune, le verdict réserve quelques surprises.
Retour sur 2016 : deux options d’investissement
Remontons le temps jusqu’au printemps 2016… Un couple désire investir son épargne. Il hésite entre deux options réputées sérieuses et durables :
- Acheter un studio en investissement locatif dans une grande ville française,
- Ou placer la même somme en or physique, conservé dans un coffre bancaire pour environ 80 € par an.
L’évolution des prix immobiliers :
Commençons par les prix immobiliers.
En 2016, le prix du m² était d’environ :
- Paris : 8 000 €/m²
- Lyon : 3 500 €/m²
- Marseille : 2 300 €/m²
- Bordeaux : 3 800 €/m²
- Lille : 3 000 €/m²
En 2026, les prix se situent autour de :
- Paris : 9 500 à 10 000 €/m²
- Lyon : 4 500 à 4 800 €/m²
- Marseille : 3 200 à 3 600 €/m²
- Bordeaux : 4 300 à 4 500 €/m²
- Lille : 3 400 à 3 600 €/m²
Si la progression est indiscutable, elle reste modérée : environ +15 % à +40 % selon les villes sur dix ans, avec même des phases de baisse depuis 2022 liées à la hausse des taux immobiliers.
Prenons un exemple simple : un studio de 25 m² à Lyon acheté 90 000 € en 2016 vaudrait aujourd’hui environ 115 000 à 120 000 €. La plus-value brute tourne autour de 30 %.
Mais l’immobilier locatif ne se résume pas à la valeur du bien. Il faut intégrer :
- taxe foncière
- charges de copropriété non récupérables
- travaux
- impôt sur les loyers
- périodes de vacance locative
Ainsi, si le rendement brut oscille entre 4 et 5 % par an, le rendement net réel descend souvent à 2 ou 3 % après fiscalité et charges.
Comparons maintenant avec l’or
En 2016, le métal valait environ 35 € le gramme. Aujourd’hui, il tourne autour de 135 €. La hausse atteint donc x3,8 environ (+285 %) sur la période.
En 2016, 90 000 € (le prix du studio à Lyon) permettaient d’acheter environ 2,6 kg d’or, aujourd’hui valorisés près de 350 000 €. Même en intégrant un coût de coffre bancaire (80 € par an, soit 800 € sur dix ans) et la fiscalité à la revente, la performance reste très largement supérieure à celle de l’immobilier.
La différence fondamentale tient à la dynamique des actifs.
L’immobilier français a progressé lentement, contraint par les revenus des ménages, la fiscalité et les taux d’intérêt. L’or, lui, a bénéficié d’un contexte mondial d’inflation monétaire, de dettes publiques et d’incertitudes économiques.
Cela ne signifie pas que l’immobilier n’a aucun intérêt. Il offre un effet de levier bancaire, un revenu locatif et un actif tangible. Mais en termes de performance pure du capital, la décennie écoulée a clairement favorisé le métal jaune.
Comparatif ville par ville
Le tableau ci-dessous compare, sur dix ans, l’évolution d’un investissement identique réalisé en 2016 : acheter un studio de 25 m² dans cinq grandes villes françaises ou placer la même somme en or à 35 € le gramme. Il met en regard valeur finale et gain net afin d’évaluer objectivement quelle stratégie a été la plus performante.
| Ville | Studio 25 m² en 2016 | Studio 25 m² en 2026 | Gain
immobilier net (après revenus, frais et taxes) |
Or acheté en 2016 | Valeur or 2026 | Gain or net |
| Paris | 204 945 € | 243 475 € | 23 955 € | 5 856 g | 789 703 € | 584 758 € |
| Lyon | 90 477 € | 112 825 € | 8 098 € | 2 585 g | 348 183 € | 257 706 € |
| Marseille | 63 687 € | 87 825 € | 8 913 € | 1 820 g | 244 852 € | 181 164 € |
| Bordeaux | 83 508 € | 111 650 € | 12 317 € | 2 386 g | 321 302 € | 237 794 € |
| Lille | 65 719 € | 84 975 € | 4 181 € | 1 878 g | 252 689 € | 186 969 € |
Conclusion : quelle stratégie sur la décennie passée ?
La conclusion est simple : avec le recul, investir en or l’équivalent d’un studio en 2016 aurait été beaucoup plus rentable que l’achat immobilier dans n’importe quelle ville française. Une réalité qui bouscule l’idée selon laquelle la pierre serait toujours le placement roi.
Et comme toujours en matière patrimoniale : les performances passées ne préjugent pas de l’avenir.
Rédaction : Benjamin Cuq


